STATISTIQUES : passage des chiffres
a la langue et a la civilisation/STATISTIK : DARI ANGKA MENUJU BAHASA
DAN BUDAYA
Hendra Setiawan - Centre Culturel Français de Bandung
RÉSUMÉ
Dalam pengajaran
bahasa, segi budaya yang pada saat bersamaan diharapkan diajarkan, seringkali
terabaikan mengingat waktu yang terbatas. Di universitas, budaya diajarkan
secara terpisah dan ini juga menimbulkan beberapa masalah. Bagaimana
mengajarkannya secara menarik ?
Dalam artikel ini,
statistik ditawarkan sebagai sebuah alternatif. Angka-angka menjadi sarana
menuju pengajaran bahasa dan sekaligus budaya.
Introduction
La langue et la
civilisation sont inséparables. Telle
est la constatation de ceux qui sont impliqués dans l'enseignement des langues
étrangères, en l'occurrence le français. Cette caractéristique pose souvent des
problèmes aussi bien pour les enseignants exerçant dans une école de langue que
pour les professeurs d'université.
Les professeurs d'un
CCF, par exemple, sont censés traiter de la langue et de la civilisation
parallèlement, au même moment. Mais la première prime toujours au détriment de
la deuxième. La civilisation qui se cache derrière la langue est souvent
négligée ou peu exploitée.
A
la Faculté, en revanche, ce recto verso est séparé pour une raison pratique et
peut-être technique. Un cours de civilisation existe afin que les étudiants
acquièrent une connaissance plus élargie de la civilisation française. Avec un
nombre d'heures assez important, on peut espérer donner suffisamment de bagages
culturel et civilisationnel aux étudiants. Mais un autre problème se pose. La
civilisation n'est pas facile à enseigner. Un cours magistral où l'enseignant
présente les faits socioculturels, économiques, politiques, et autres peut
démotiver les étudiants. Pire encore quand les données que l'on trouve dans un
livre de civilisation leur sont transmises à l'état cru.
Les statistiques que
l'on tend à abandonner à cause des chiffres qui, à première vue, sont
difficiles à exploiter, pourront être une alternative. L'interprétation des
chiffres nous oblige à voir le contenu (civilisation) et la forme (langue). La
reformulation verbale à partir des chiffres sert donc à exposer les faits.
Avant de commencer cet
exposé, il est bon de nous rappeler que l'objectif à atteindre dans
l'utilisation des statistiques en classe de langue est tout d'abord de
familiariser nos étudiants aux tableaux qu'ils prennent souvent pour une
horreur; ensuite d'exposer les faits culturels verbalement en utilisant les
reformulation propres à ce type d'exercice, et finalement d'utiliser les faits
culturels comme sujet de débat ou de réflexion.
A. Les statistiques :
contenus et formes
1. Les contenus
Aujourd'hui,
le recueil de statistiques est une activité importante, indispensable à la
gestion des sociétés modernes. Selon le dictionnaire encyclopédique Larousse,
la statistique est une science dont l'objet est de récolter une information
quantitative concernant des individus, des groupes, des séries de faits, etc.,
et de déduire, grâce à l'analyse de ces données, des significations précises ou
des prévisions pour l'avenir. Tout est donc bon pour être l'objet d'une
recherche avec comme finalité l'élaboration et l'interprétation des
statistiques.
On trouve des
statistiques à caractère scientifique comme par exemple le taux de natalité
dans un pays pendant une période donnée; le mouvement des plaques océaniques
par an; la production automobile au Japon, en Europe et aux Etats-Unis; ou
encore le nombre d'accidents de voiture dans un pays d'une année à une
autre.
On trouve également
des statistiques d'une autre nature comme par exemple la quantité de pain,
d'eau minérale, de café et de pâtes consommée par les Français par an par
rapport à d'autres nationalités. Dans
cet exposé, je me permets de limiter les domaines. Nous allons traiter
uniquement d'un sujet qui pourrait nous intéresser et qui a un rapport direct
avec le thème général de notre séminaire, c'est-à-dire l'enseignement de la
langue et de la civilisation françaises.
2. Les formes
En général, on peut
dire que les statisticiens utilisent deux formes différentes pour exposer le
résultat d'une recherche, à savoir un tableau et un texte. Dans les deux
formes, on trouve un point commun : l'utilisation des chiffres et des pourcentages.
Ici encore une fois, je me permets de vous orienter vers une seule forme : le
tableau, le texte étant trop explicite pour que l'on puisse l'exploiter dans la
classe l'aspect linguistique des statistiques.
Le tableau nous
propose également deux types de statistiques : l'évolution d'un fait d'une
année à une autre, et l'état des lieux d'un fait à un moment donné. Dans ces
deux formes apparaissent les chiffres, les nombres, les pourcentages, les noms,
les verbes à l'infinitif, les phrases complètes. Et c'est à partir des ces
caractéristiques que l'on peut exploiter en classe de langue les statistiques à
but pédagogique.
B. Les statistiques en
classe de langue
1. Les contenus :
civilisation - culture
Quelles statistiques
choisir ? Avant d'en arriver là, on peut se demander ce dont ont besoin nos
élèves : un savoir encyclopédique ou un savoir-faire ?
Traditionnellement,
dans un cours de civilisation, un enseignant donne à ses élèves les données
qu'il peut trouver dans des livres de civilisation conçus pour les apprenants
de FLE. Plusieurs ouvrages portant sur ce sujet sont édités et réédités an
ajoutant des éléments nouveaux jugés intéressants par leurs auteurs. Les thèmes abordés restent plus ou moins les
mêmes : l'histoire, la politique, le système éducatif, l'économie, la
démographie, les monuments, etc. On peut sans doute dire que ces livres de
civilisation sont en fait une version disons simplifiée de Francoscopie,
l'ouvrage de référence sur les modes de vie des Français et leur évolution. La
connaissance sur la France et les Français reste donc jusque là plus ou moins
statique. Ce type de cours correspond parfaitement à la définition du terme
" civilisation " lui-même, parce que la civilisation est, selon
Guizot en 1838, l'ensemble de traits propres à une société quelconque.
Une fois réduite à la
valeur d'un cours appelé cours de civilisation française, la civilisation est
devenue un savoir qu'on peut et doit mesurer. On donne une note non sur la
compétence culturelle en termes de savoir-faire, mais sur la connaissance ou la
culture générale en termes de savoir encyclopédique. Nous avons donc affaire à
la connaissance qui pourrait être utile pour nos apprenants à l'avenir;
autrement dit c'est d'une utilité à long terme. Or, les étudiants ont souvent
besoin de connaître les Français en tant que personnes, avec leurs caractères,
leurs réactions face à un problème donné, leurs qualités et leurs défauts aux
yeux des autres.
On
peut essayer de poser une question " piège " à nos étudiants : "
comment sont-ils, les Français ? " Comment peut-on avoir une réponse si,
dans un cours de français ou de civilisation, cette partie n'est presque jamais
abordée ? Les réponses seront donc sans aucun doute classiques, stéréotypées et
mêmes fausses car devant ce manque d'information, les étudiants seront
obligés d'avoir recours aux paroles des autres qui disent que… ou alors ils
prêtent les caractères des Américains qu'ils voient dans un film américain aux
Français. Conclusion : pas de différence entre un Français, un Américain, un
Anglais, ou même un Latino-américain. Les Occidentaux sont devenus tous les
mêmes aux yeux de nos étudiants.
L'enseignant
est donc à cheval dans son choix : enseigner la civilisation ou le savoir
encyclopédique où on parle du pays et de sa population, de sa situation
économique, de son histoire, de sa structure et ses fonctions de la famille,
etc. ou alors enseigner la culture ou le savoir-faire où on trouve des
réalisations concrètes de cette civilisation plus ou moins individualisées comme
par exemple les attitudes des membres d'une telle ou telle société. Le premier
est dans le domaine de connaissance et son utilité n'est pas immédiate. Le
deuxième est dans les pratiques quotidiennes et donc plus concret.
Les statistiques
portant sur la civilisation en tant que savoir encyclopédique étant souvent
utilisées en classe de langue, nous n'allons aborder ici que celles dont les
sujets font partie de la vie quotidienne des étudiants. A titre d'illustration,
voici trois statistiques sous forme de tableau que l'on trouve dans les
méthodes "Campus 2", "Libre Echange 1" et "Panorama
2"
|
As-tu une maladie grave ? |
100 % |
|
Combien gagnes-tu ? |
90 % |
|
Trompes-tu ton mari (ton épouse) ? |
80 % |
|
Est-ce que tu as beaucoup d’argent à la
banque ? |
60 % |
|
Est-ce que tu as eu
beaucoup d’aventures avant ton mariage ? |
50 % |
|
Quel âge as-tu ? |
3 % |
|
Que font tes parents |
0% |
![]()
|
Cracher dans la rue |
95 % |
|
Ne pas offrir une place assise dans un bus à une
personne âgée |
91 % |
|
Doubler les gens dans une file d’attente |
90 % |
|
Jeter des papiers par terre |
89 % |
|
Laisser son chien faire
ses besoins sur un trottoir |
88 % |
|
Dire des gros mots |
86 % |
|
Allumer une cigarette sans demander l’avis des
gens |
80 % |
|
Etaler sa richesse dans une
conversation |
78 % |
|
Ne pas tenir une porte à une dame |
76 % |
|
Téléphoner sur son portable dans un lieu public
fermé |
63 % |
|
Faire remarquer à quelqu’un qu’il a grossi |
60 % |
Les sujets de ces deux tableaux de statistiques répondent en fait à une
question qu'un étranger peut poser ou se poser avant de partir en France ou
d'être face à face avec un Français : que ne faut-il pas faire en France ou
avec des Français ?
Les interdictions et
les tabous chez les Français pourraient servir de point de départ pour
construire ensemble un cours de civilisation en classe. Les activités sont
variées. Voici une piste pédagogique pour exploiter ce type de statistiques :
1. Regroupement des
interdictions en plusieurs catégories ou thèmes. Il ressort de ce type de
travail que les thèmes rejoignent plus ou moins ceux que l'on trouve habituellement
dans un livre de civilisation : l'argent, la santé, la famille, le travail, le
savoir-faire… Seulement on est maintenant dans une situation plus proche de la
vie réelle. Les donnés ne sont plus froides, figées et statiques. Elles sont
plus personnalisées, vivantes et faciles à comprendre.
2. Mise en ordre par
priorité des thèmes évoqués pour trouver ensuite les thèmes les plus importants
parmi ceux proposés dans ces tableaux.
3. Interprétation des
interdictions : hypothèses sur les raisons pour lesquelles les Français
n'aiment pas telle ou telle attitude.
4. Travail de réflexion
sur sa propre culture : les Indonésien font-ils ce que détestent les
Français ?
A partir de ces
activités, on peut donc travailler non seulement sur ce qui est exposé, mais
aussi et surtout sur ce qui se cache derrière. Ce travail d'analyse et
d'interprétation permettrait aux
étudiants de comprendre et non seulement
de connaître. Et comprendre la culture des autres sous entend comprendre sa
propre culture.
Un autre aspect de
l'utilisation des statistiques que j'aimerais mettre en valeur ici, c'est la
prudence quand on essaie de parler des autres. Un document comme les tableaux
ci-dessous sert de support authentique. On ne décrit plus les Français comme on
veut, à partir de rien ou de quelque chose dont on ne retrouve pas la trace.
Avec ce document authentique, on peut se dégager de toute responsabilité en le
faisant.
Le terme généralisant
comme " Les français sont comme ceci ou comme cela " sera désormais
utilisé avec beaucoup de prudence car il
existe des expressions de quantité qui pourront préciser le nombre de Français
qui font ou qui ne font pas telle ou telle chose.
Si, dans les tableaux
ci-dessus, les chiffres sont utilisés pour exprimer la quantité, le tableau
suivant nous parle des Français d'une autre façon.
![]()
|
Les jeunes |
Les adultes |
|
passionnément |
|
|
Les films comiques |
Les films comiques |
|
Les films d’aventure |
Les films d’aventure |
|
beaucoup |
|
|
Les films de science-fiction |
Les films policiers |
|
Les films fantastiques |
Les histoires d’amour |
|
Les films policiers |
|
|
Les films d’horreur |
|
|
Un peu |
|
|
Les histoires d’amour |
Les films de science-fiction |
|
Les films à sujet politique |
Les films à sujet politique |
|
Pas du tout |
|
|
Les films érotiques |
Les films d’horreur |
|
Les dessins animés |
Les films érotiques |
La gradation des
sentiments comme aimer passionnément, beaucoup, un peu et ne pas aimer du
tout est utilisée ici pour mesurer à
quel point les Français aiment ou détestent les genres de film proposés dans le
sondage. Mais en fin de compte, ce système peut reprendre le rôle des
expressions de quantité. Si les jeunes et les adultes interviewés n'aiment pas
du tout les films érotiques, par exemple, on peut considérer que les Français
en général (90 - 100 % ?) n'aiment pas ce genre de film.
A partir de ce
tableau, on peut également demander à nos étudiants d'avances des hypothèses
sur les raisons pour lesquelles les Français, jeunes et adultes, adorent les
films comiques et d'aventures ou n'aiment pas du tout les films érotiques.
Leurs raisons pourraient-elles être les mêmes ? Ou alors, pourquoi,
contrairement à ce que l'on croit, les jeunes n'aiment pas beaucoup les films
d'amour. Que pourraient représenter les films fantastiques et les dessins
animés pour les adultes puisque ces deux genres sont absents dans la colonne
réservée aux adultes ? On peut poser ce type de question à partir de chaque
élément du tableau pour arriver à la fin à une petite conclusion toujours
hypothétique de type : "Les Français apprécient énormément l'humour"
puisque les films comiques occupent le premier rang dans le tableau.
Il existe d'autres
types de statistiques utilisant par exemple le temps consacré à une
conversation téléphonique. Si, dans les tableaux ci-dessus, les chiffres sont
utilisés pour exprimer la quantité, le tableau suivant nous parle des Français
d'une autre façon.
![]()
Entre hommes
|
Salutations |
5 secondes |
|
Blague |
30 secondes |
|
Analyse de l’actualité |
30 secondes |
|
Discussion sur le sport ou les voitures |
1 minute |
|
Remarques sur les
femmes |
20 secondes |
|
Nouvelles du boulot |
30 secondes |
|
Salutations |
10 secondes |
|
Total |
3 minutes et 15 secondes |
Il est intéressant de
constater que ce tableau, dans la méthode Panorama, n'est pas complet. La
partie détaillée du temps consacré à une conversation téléphonique entre femmes
a été effacée. Sans doute pour une raison purement technique car décrire ce que
les femmes se disent au téléphone pendant
2 heures, 33 minutes et 35 secondes n'est pas facile à faire; ou alors
a-t-elle été gommée pour inviter les étudiants à développer leur imagination et
donc à faire des hypothèses sur ce sujet. En tout cas, qu'elle que soit la
raison, le vide ici est très pédagogique.
Quant
au contenu de la première partie du tableau, on peut voir qu'une conversation
téléphonique entre deux Français a une certaine structure, surtout le début et
la fin avec les salutations; ce qui n'est pas toujours évident pour un
Indonésien.
Il est peut-être trop naïf de dire que le résultat
du sondage ci-dessus est tout à fait fiable car ce n'est qu'une illustration du
comportement d'un certain nombre de Français interviewés. On peut cependant
utiliser ce sondage sans doute simpliste, mais tout de même authentique pour
une activité en classe. Est-il vrai que les femmes ne représentent qu'une toute
petite partie dans une conversation téléphonique entre hommes (20 secondes) ?
Peut-on dire qu'une blague est toujours présente ? Pourquoi les salutations à
la fin de la conversation prennent-elles plus de temps que celles du début ?
Que peuvent-ils se dire pour terminer une conversation ? Quelles remarques
peuvent-ils faire sur les femmes ? Vu le temps consacré à la discussion sur le
sport ou les voitures (1 minute sur la totalité), on peut se demander
l'objectif de cette conversation téléphonique.
2. Les formes :
comparaison - quantification
a. La comparaison
La toute première idée
qui nous vient à l'esprit quand nous voulons exploiter un tableau de
statistiques pour une activité pédagogique est sans doute la comparaison. En
effet, c'est sans doute l'exercice le plus simple qu'on peut donner à nos
étudiants. Pour cela nous avons des formulations simples de type :
plus/moins/aussi + adjectif/adverbe + que ou plus/moins/autant de + nom.
Exemples à titre d'illustration à partir du tableau sur la conversation
téléphonique entre hommes :
1. Pour les hommes, le
sport (1 minute) est plus important que le travail (30 secondes)
2. Les hommes passent
autant de temps pour raconter des blagues (30 secondes) que pour
analyser l'actualité (30 secondes).
3. Pour les hommes,
faire des remarques sur les femmes (20 secondes) est moins intéressant
que raconter des blagues (30 secondes).Exemples à partir du tableau sur les
films :
1. Il y a plus de
jeunes (beaucoup) que d'adultes (un peu) qui regardent les films
de science-fiction.
2. Les adultes sont
aussi passionnés par les films d'aventure que les jeunes.
3. Par rapport aux
adultes, les jeunes sont moins intéressés par les films d'amour.
Exemples à partir des statistiques sur les questions que les Français ne
poseront jamais à leurs amis
1. La question sur
l'argent est beaucoup plus délicate que sur l'âge.
2. Les questions
portant sur la vie intime (80% + 50%) sont moins choquantes que sur l'argent
(90% + 60%)
3. Dire son âge est
plus difficile que dire la profession de ses parents.
b. La quantification
Les chiffres qu'on
trouve dans les statistiques peuvent également être remplacés par des
expressions de quantité comme :
* Un Français
* (Tous) les Français
* la majorité des Français
* La plupart des Français
* Plus de la moitié
* Beaucoup de Français/De nombreux Français
* Une majorité de Français
* 30% des Français
* Quelques Français
* Certains Français
* Peu de Français
* Aucun Français
* Pas un Français
Il est vrai ces
expressions ne sont pas toujours faciles à employer parce qu'il n'existe pas de
mesures qui nous permettent de lier une expression à un pourcentage sauf
peut-être les deux pôles (0% - aucun et 100% - tous les), mais si l'on veut
sortir des chiffres qui sont rigides et exprimer une quantité de façon plus
élaborée au détriment de la précision, cette forme de transformation est
inévitable.
Exemples :
1. Aucun Français
n'aime qu'on lui demande s'il a une maladie grave.
2. Plus de la moitié
des Français pensent que téléphoner sur son portable dans un lieu public fermé
est quelque chose de grossier.
3. La majorité des
Français n'aiment pas que les autres sachent combien ils gagnent.
Il faut avouer qu'en
utilisant une expression de quantité, on expose un fait de façon approximative.
D'autant plus que les statistiques de ce type ont été établies à partir des
réponses d'un certain nombre de gens. On peut donc douter de la fiabilité de
ces données. Mais c'est l'une des caractéristiques des statistiques que nous
devons reconnaître.
En guise de conclusion
Les statistiques ne
représentent qu'une petite partie de ce qu'on veut dire sur la civilisation
française, certes, mais si elles sont toujours présentes dans les manuels ou
les ouvrages portant sur la civilisation, c'est qu'il y a une raison. Elles
peuvent servir d'illustration à un sujet donné, illustration qui nous parle
autant qu'un texte.
Avec les statistiques
sous forme de tableau, les étudiants et
leur professeur de civilisation peuvent sortir d'un texte complet et rigide.
Car devant
un document que l'on trouve dans un livre de civilisation, un enseignant a
tendance à transmettre ce qu'il y a dans le texte tel qu'il est ; ce qui est
normal car les données sont le résultat d'une recherche et d'une analyse bien
élaborée. Il ne reste plus rien à exploiter, ou presque. Et la civilisation est
devenue un savoir encyclopédique.
Avec leur simplicité, les
statistiques peuvent devenir une alternative dans l'enseignement de la
civilisation française. La communication entre l'enseignant et ses étudiants se
crée car ils construisent ensemble le cours. Ils essaient ensemble non
seulement de connaître les Français, mais aussi de les comprendre.
Avec les statistiques,
on peut comprendre les Français et apprendre le français.
Références bibliographiques
-,Fondements théoriques d'un enseignement de la civilisation,
Symposium de Santiago du Chili, dans le Français dans le Monde no. 78, Hachette/Larousse, Paris, 1971
OURTILLON Janine et de SALINS Geneviève-Dominique, Libre Echange 1,
Hatier-Didier, Paris, 1991
De CARLO Maddalena, l'Interculturel, CLE International, Paris, 1998
GIRARDET Jacky et CRIDLIG Jean-Marie, Panorama 2, CLE International,
Paris, 1996
GIRARDET Jacky et PECHEUR Jacques, Campus 2, CLE International,
Paris, 2003
LE BERRE Marie-Bernadette, UE: Compétence culturelle et didactique des
cultures, CNED
ZARATE Geneviève, Enseigner une culture étrangère, Hachette, Paris,
1986