ÉTAT DU FRANÇAIS ET SA PROBLÉMATIQUE EN
ASIE- PACIFIQUE : LE CAS DE L'INDONÉSIE
KEADAAN BAHASA PRANCISDAN PERMASALAHANNYA DI ASIA-PASIFIK : KASUS DI INDONESIA
DADANG SUNENDAR - Universitas Pendidikan Indonesia
RÉSUMÉ
Pengembangan bahasa Prancis di zona Asia Pasifik mulai memperlihatkan geliat
yang cukup menarik perhatian zona lain yang relatif lebih frankofon dibandingkan
dengan wilayah ini. Kondisi pengajaran di Indonesia merupakan salah satu contoh
zona non frankofon yang memerlukan pengembangan lebih jauh karena di samping
beberapa kemajuan yang diraihnya, masih berhadapan dengan berbagai kendala.
Makalah ini dipresentasikan dalam " 1er Congrès Régional
Asie-Pacifique (table ronde), CAP - Fédération Internationale
des Professeurs de français", pada tanggal 27 April - 1 Mei 2006
di Taipei, Taiwan.
Introduction
On ne sait pas exactement quand remonte l'arrivée du français
en Asie-Pacifique ou comment le français a-t-il pu être diffusé
jusqu'à ce continent. Mais, il est évident que cette langue est
présente depuis le 19e siècle. En Asie du sud-est, on trouve trois
pays qui, historiquement, font partie de la francophonie. Le Vietnam, le Cambodge,
et le Laos participent donc aux sommets de la francophonie. La plupart ces pays
asiatiques reste très loin des aires géographiques d'influence
française, et les élites n'ont commencé à l'étudier
qu'après la deuxième guerre mondiale. Le français était
enseigné dans certaines capitales et dans les grandes villes qui ont
été marquées par la présence de la langue. Les œuvres
monumentales de Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Descartes, pénétraient
lentement dans les écoles à travers les traductions, suivies de
la traduction de " Les Trois Mousquetaires " de Victor Hugo, devenant
très populaires chez les jeunes asiatiques.
À côté du problème géographique, il faut en
ajouter un autre, à savoir la différence proprement linguistique
qui sépare le français des langues asiatiques ; différence
qui se manifeste à presque tous les niveaux : grammatical, syntaxique
et phonétique.
Le français reste une des langues étrangères, après
l'anglais et problablement le mandarin, à être autant parlée
sur les cinq continents. En Asie -Pacifique, il est utilisé dans les
domaines scientifiques et littéraires, ainsi que dans les secteurs du
tourisme, de l'hôtellerie et de l'alimentation.
En Asie du sud-est, l'anglais est une langue de communication très répandue.
Pour les pays qui ont leur propre langue, à part au Vietnam, au Laos,
et au Cambodge, le français devient une deuxième langue étrangère
avec plus ou moins de succès. Il reste une langue étrangère
utilisée dans cette région pour tout ce qui touche au progrès
technologique et scientifique ou pour la culture, malgré l'augmentation
des effectifs en japonais.
Sur le plan sociolinguistique, on observe que les langues importantes se trouvent
dans des groupes de gens à la fois nombreux et puissants. Le relatif
déclin démographique de la population française peut représenter
un handicap à terme pour la langue française (face aux Chinois
et aux Indiens par exemple), mais d'autre part, les difficultés économiques
et politiques des sociétés africaines francophones, que l'on cite
pour leur poids démographique, ne permettent pas encore de réaliser
une politique culturelle et linguistique ambitieuse. Sur le plan pédagogique,
que fait-on dans les zones non francophones comme l'Asie et le Pacifique? Les
apprenants résidant loin de la capitale, n'ont pas idée de la
langue parlée réellement en France parce qu'ils ne sont jamais
allés en France. Ils ne connaissent ni la diversité d'usage du
français, ni les interférences linguistiques dans les DOM-TOM
avec le français de la métropole. Pour le professeur, il semble
impossible de prendre comme modèle d'enseignement toute la diversité
linguistique des sociétés.
Le profil et la problématique du FLE en Asie-Pacifique
Les méthodes de FLE présentent un bon usage du français.
Les apprenants ne se rendent pas compte et ne se soucient pas de savoir s'ils
sont en train d'apprendre le français venant de France, du Canada ou
celui des sociétés africaines francophones. Ce qu'ils comprennent
c'est le français. Ils ne sont même pas conscients qu'ils sont
en train de créer une autre diversité. On ne peut pas ici comparer
les gens d'un pays non francophone avec ceux qui viennent d'un pays francophone
comme les Belges connaissant la diversité d'usage du français.
La plupart des méthodes de FLE gardent l'unité ; dit le français
standard. Pour le cas des pays non francophones, le résultat de l'apprentissage
fait naître la diversité sous forme, notamment, d'une manière
différente de prononcer.
La diversité du français dans le territoire hors de France, surtout
en Asie-Pacifique, se voit donc une réalité, une réalité
inévitable. En classe de FLE, on entend des structures morpho-syntaxiques
de base théorisées par la grammaire, qui ne sont pas les réalisations
particulières des locuteurs. Le rôle du professeur de langue est
de permettre aux apprenants de découvrir et d'assimiler ces structures
dans le cadre d'un processus d'apprentissage. Mais, cela ne devrait pas diminuer
la production des apprenants dans la mesure où cela ne détruit
pas la fonction communicative.
La diversité devient un choix indispensable dans la pratique du français,
la parole de l'unité du français. L'unité dans la diversité
serait une réalité acceptable et un slogan reconnu de tout le
monde. Comment donc la réveiller? Comment susciter la diversité
née chez les collègues des pays en Asie-Pacifique alors que peu
de personnes y pense ? Quelle est exactement la politique du français
face à ce phénomène ? Est-il possible de renforcer la pratique
du français dans les pays en Asie-Pacifique sans la réduire chez
les autres ?
Le profil et la problématique du FLE en Indonésie
L'Indonésie n'appartient pas à la francophonie. Elle n'est ni
un pays de langue maternelle française ni une ancienne colonie française.
Sur 220 millions d'habitants, le nombre de francophones se situerait entre 50.000
et 90.000 locuteurs.
Le français est en Indonésie une des langues les plus étudiées
après l'anglais selon les récentes statistiques. Pour les enseignants,
nous sommes près de 1.000 professeurs à enseigner cette belle
langue.
Malgré l'augmentation des effectifs en japonais et en mandarin, le français
sait garder sa place. En Indonésie, on compte actuellement 3.500 étudiants
en français répartis dans 4 facultés des lettres des universités
publiques de Jakarta, Bandung, Yogyakarta, et Makassar ; et dans 6 écoles
normales supérieures à Jakarta, Bandung, Yogyakarta, Semarang,
Medan, et Manado. Le français est également enseigné dans
une vingtaine d'écoles telles que les écoles d'hôtellerie
et de tourisme, et les écoles de langues étrangères. Chaque
année, plus de 15.000 Indonésiens, notamment les jeunes, apprennent
le français dans 4 centres culturels français et 8 alliances françaises,
se trouvant dans les grandes villes.
Le français est enseigné aussi dans le secondaire depuis plus
de 50 ans. Plus de 200 lycées publics ou privés proposent un cours
de français à raison de 4 à 6 heures par semaine en moyenne.
Il y a donc un espace francophone à conserver.
L'enseignement du FLE en Indonésie se divise en deux grandes parties
; dans le secondaire et à l'université. Dans le secondaire, le
français général est réservé aux élèves
des sections de langue et sociale. Le changement du programme des cours de 1974
par celui de 1994 a beaucoup réduit le nombre de cours dans le secondaire.
Un nouvel espoir réapparaît avec la présence du nouveau
programme de 2004 dit 'le programme basé sur la compétence' (KBK),
qui, en ce moment, passe à l'étape finale de sa publication. Au
lycée, l'apprentissage du français est présent à
cote de celui du japonais, de l'allemand et de l'arabe : 2 à 10 fois
par semaine, à raison de 45 minutes dans la section de langue avec environ
40 élèves par classe.
Il existe donc des problèmes, entre autres : le grand nombre d'élèves
en classe, le manque de ressources et de supports didactiques. Le manque de
formation des enseignants risque également d'entraîner une sorte
de désintérêt chez les apprenants, et en conséquence,
le recul du français au lycée. La formation des enseignants devrait
donc être renforcée. Les organismes concernés n'ont pas
en encore de liens étroits pour promouvoir et diffuser le français
en Indonésie, notamment au lycée.
Par contre, l'enseignement du français au niveau supérieur a été
renforcé dans 10 universités publiques pour le programme de S1
(équivalent à la maîtrise) et dans une vingtaine d'écoles
telles que les écoles d'hôtellerie et de tourisme, et les écoles
de langues étrangères pour le programme S1 ou D3 (équivalent
à la licence). Le programme de S2 a également été
créé pour améliorer le niveau du français des (jeunes)
professeurs.
Le nombre d'étudiants augmente chaque année, mais la formation
des professeurs est insuffisante. Le SCAC, le PPPG Bahasa (le Centre de formation
des professeurs de langue), et l'association sont les seuls établissements
qui organisent des stages (une ou deux fois par an), mais puisque les universités
sont dispersées dans des endroits éloignés les uns des
autres, vu la situation géographique indonésienne, les stages
ne sont pas bien répartis, ou alors ils ont un caractère général,
tandis que chaque université a un but et un caractère différent.
Quels moyens pour dynamiser la francophonie en Asie-Pacifique
?
A part les trois pays de l'ancienne Indochine Française (le Laos, le
Cambodge et le Vietnam), l'Asie-Pacifique est une zone non-francophone. Le développement
du français dans les années 50-80 a amené les gouvernements
de la région Asie-Pacifique à considérer le français
comme une langue importante à étudier.
La géolinguistique globale a changé ; l'anglais n'a plus besoin
de sa politique d'expansion langagière grâce à la domination
culturelle américaine, et le français est toujours présent,
avec plus ou moins de succès. Pour les pays qui ont leur propre langue
comme l'Indonésie, la Chine, l'Inde, la Malaisie, le Japon, la Corée,
etc, le français devient une deuxième langue étrangère.
Quels moyens donc pour créer une dynamique d'échange francophone
dans cette zone ?
* Recenser les différentes associations des professeurs de français
dans toute la région Asie-Pacifique.
Depuis quelques années, l'annuaire de la Fédération Internationale
des Professeurs de Français (FIPF) édite une liste des associations
selon la commission. Cet annuaire nous permet de connaître les associations
dans la commission Asie-Pacifique (CAP). Mais il nous faut mieux connaître
chacune de ces associations : son histoire, ses missions, son profil actuel,
etc. Il est nécessaire que le recensement des associations soit prolongé
par la CAP.
* Créer une commission de promotion et de protection du français
dans la région.
Malgré l'augmentation du nombre d'étudiants dans certaines universités
de la région, le déclin de l'enseignement du français dans
certains pays de la région Asie-Pacifique est malheureusementla vérité.
L'arrivée du japonais et du chinois commence à mettre à
l'écart le français dans les écoles secondaires(le cas
de l'Indonésie). A travers la CAP, il nous faudra créer une commission
qui s'occupe de l'évolution du français dans la région.
Cette commission devra informer la FIPF sur la condition régionale afin
de surmonter ce problème.
* Organiser des concours ou jeux (tels que " questions pour un champion
") visant à regrouper tous les pays autour d'un championnat dont
le thème serait la francophonie.
Un des moyens pour promouvoir le français de la région serait
d'organiser des concours. Ce type de concours pourrait se passer par internet,
surtout dans les milieux scolaire et universitaire. Cette promotion de la langue
viserait à faire connaître la France plus largement auprès
des élèves et à s'informer sur tout ce qui touche à
la francophonie.
* Promouvoir les échanges universitaires et culturels entre les pays
francophones et les différents pays d'Asie-Pacifique.
Il n'y a pas beaucoup d'échanges universitaires entre les pays d'Asie-Pacifique
avec les pays francophones. Chaque pays proposerait une collaboration avec une
université des pays francophones. Ainsi, des échanges universitaires
seraient réalisés chaque année entre un pays de la région
Asie-Pacifique et un pays francophone.
* Organiser des événements de découverte dans tous les
centres culturels français ou Alliances Françaises.
La présence des centres culturels français ou des Alliances Françaises
peut être utilisée pour promouvoir le français auprès
du grand public. Les fêtes civiles françaises comme la fête
nationale ou la fête de la musique ayant souvent lieu dans les endroits
publics devraient offrir une ambiance francophone, et des journées à
thème comme concours de la cuisine française, de la chanson française,
etc.
* Créer chaque année une réunion des responsables de l'association
des professeurs de français d'Asie-Pacifique.
Il est nécessaire que les responsables de l'association se rencontrent
une fois par an pour discuter du projet de leur association. Cette réunion
annuelle pourrait se tenir en présence du représentant du SCAC
de chaque pays. Cette réunion traiterait le bilan du projet de chaque
association et du projet de l'année suivante.
* Chercher des sponsors (tels que les grands groupes français implantés
dans cette région) pour financer les campagnes publicitaires visant à
la promotion du français.
Normalement, la cotisation associative de chaque pays peut financer les programmes
de l'association. Mais beaucoup d'organisations de séminaires, de rencontres
pédagogiques et d'autres types d'activités francophones de la
région ont été réalisées, pour la majorité,
grâce à l'aide financière française. Pour réaliser
le projet de l'association, il faut que la CAP offre une proposition de travail
à la FIPF pour augmenter le dynamisme francophone de la région.
* Publier et réactualiser le site de la CAP.
Le site de la CAP ( www.cap-fipf.com) est un moyen de communication entre les
associations des professeurs de français en Asie-Pacifique depuis un
an. Ce site, contenant des profils d'une vingtaine membre de la CAP, des activités,
a besoin d'être supporté.
* Supporter le site portail Asie.
La présence du site dans chaque pays asiatique montre la volonté
du gouvernement français pour mieux promouvoir le français dans
la région. Dans certains pays, les enseignants et les apprenants commencent
à visiter ce site pour s'informer et chercher de l'actualité du
français dans leur pays.
Références didactiques :
Chevalier, Jean-Claude. (2002-2003). L'enseignement du français au Japon
: Société Japonaise du Français.
L'Année Francophone Internationale 2003, le point sur l'espace francophone,
AFI.
Le français au service des activités économiques, (2002),
Varia linguistiques et didactiques. FIPF.
Le français, le défi de la diversité, (2005). Actes du
11e congrès mondial des professeurs de français à Atlanta.
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