1. Présentation
1.1. Problématique
1.2. Intérêt et motivation
1.3. Public visé
1.4. Volume horaire
1.5. Intentions et objectifs
- Compétences à développer
- Présentation et justification du choix du support
2.1. Approche thématique
- Possibilités d’exploitation du support
- Déroulement de la classe
3.1. Phase de contextualisation
3.2. Découverte du document
3.3. Exploitation et systématisation
3.4. Mise en scène
3.5. Accomplissement de la tâche
Bibliographie Supports choisis
Y’en a marre !
1. Présentation
1.1. Problématique : Il s’agit d’aborder dans ce dossier la thématique de la colère, ses fondements, ses manifestations en discours et en langue, et les comportements pragmatiques et discursifs qui y sont associés.
1.2. Intérêt et motivation : La colère et la révolte sont réputées pour être des comportements typiquement français. En effet, le Français est connu pour son fort caractère, ses grèves à répétition, et ses manifestations en tous genres. Si c’est l’image qui est véhiculée au-delà de nos frontières, elle a sans soute un intérêt et mérite notre attention, ne serait-ce que pour en étudier le stéréotype, et les signes. Mais le Français n’est pas le seul à s’élever contre les injustices, et à s’exprimer par la colère et nous allons tenter ici de donner aux apprenants des moyens linguistiques, pragmatiques et socioculturels pour comprendre ce thème et développer les savoir-faire qui s’y rattachent.
1.3. Public visé :
-âge : adultes et jeunes adultes. Les apprenants sont un public non captif et suivent des cours du soir. Certains ont un objectif professionnel et ont besoin de passer des diplômes, d’autres souhaitent aller s’installer en France, mais la grande majorité va seulement passer des vacances en France l’été, ou y a une propriété.
- niveau : B1 selon le Cadre Européen Commun de Référence. Les étudiants sont en début de niveau B1, et n’ont pas obligatoirement passé de certification ou diplôme en français. -besoins : français général, enrichissement du lexique thématique, des expressions et intonations relatifs à la colère et à la révolte.
1.4. Volume horaire
On prévoira 8 à 10 heures pour la réalisation du projet.
1.5. Intentions et objectifs :
-objectifs généraux : apprentissage du « se dire » : exprimer sa colère, sa révolte. Au terme du projet, les apprenants seront capables d’exprimer leur mécontentement et leur colère dans un écrit fonctionnel en distinguant les registres de langue.
-objectif socioculturel : développer des savoirs socioculturels en relation avec la révolte et la revendication, notamment le ton d’un texte ou d’une conversation
-objectif pragmatique : apprendre à accomplir les actes de parole suivants : revendiquer, exprimer un sentiment négatif (exprimer sa colère, se plaindre, faire un reproche), exprimer son désaccord, expliquer pourquoi quelque chose pose problème, critiquer quelque chose, désapprouver, analyser, démontrer…
- objectif linguistique : appréhender différents registres de langue (syntaxe) et des expressions relevant d’un ton revendicatif (lexique). -objectif discursif : apprendre à exprimer son mécontentement, l’expliquer, trouver des solutions, à travers la rédaction d’une lettre de réclamation.
1.6. Compétences à développer : parmi les compétences générales, un savoir sur les relations
interpersonnelles, des savoir-faire en rapport avec la thématique de la révolte. -écrit : compréhension : la colère dans la BD ; production : rédaction d’un écrit fonctionnel (lettre
| de revendication, pétition) |
| - |
oral : |
compréhension et production |
des |
expressions |
relevant |
du |
thème abordé (phrases |
|
exclamatives, formules introductives, registre |
s de langue… |
) |
| - |
|
|
|
|
| objectif linguistique |
-lexique : expressions liées à la colère, la révolte, l’indignation -syntaxe : appréhender différents registres de langue -syntaxe : l’injonction, la phrase exclamative -syntaxe : l’obligation -phonétique : intonation et rythme dans les énoncés exprimant la révolte |
| objectif pragmatique (actes de parole) |
-protester vigoureusement -exprimer sa colère -exprimer son indignation, sa révolte -se plaindre -revendiquer -exprimer une contrariété |
|
-formuler un reproche -injurier, insulter -exprimer son agacement |
| objectif discursif |
-actes de parole vus dans des univers phrastiques et discursifs : la pétition, la lettre de revendication, le plaidoyer -étude de l’articulation d’un texte (phases d’ouverture et de clôture, développement du corps du texte : énumération des idées) |
| objectif socioculturel |
-citations d’auteurs et intertextualité dans le film -gestes (Des gestes et des mots pour le dire) -Astérix et Obélix -discussion interculturelle sur l’expression de la revendication publique dans la/les culture(s) des apprenants |
2. Présentation et justification du choix du support
2.1. Approche thématique
En quoi le thème de la colère peut-il être intéressant à étudier pour des apprenants étrangers ? Que révèle-t-il ? Et que peut-il leur apporter ?
Le numéro 274 du Français dans le Monde définit parfaitement ce thème de la colère par un article de J-M. Robert, « Les mots de la colère ». Tout d’abord, il faut savoir que c’est un leitmotiv qui circule dans l’imaginaire collectif des étrangers à propos des Français. Mais il faut aussi noter que ce que les titres de journaux affichent comme de la colère ne traduisent que rarement ce que signifie littéralement ce mot, « un violent mécontentement accompagné d’agressivité 1 ». Il s’agit en fait la plupart du temps de revendications ou de groupes qui souhaitent se faire entendre pour diverses raisons, soit parce qu’ils sont victimes de quelque chose ou quelqu’un, soit parce qu’il veulent exprimer leur misère, leur désapprobation…
Jean-Michel Robert nous dit d’ailleurs que « depuis 1994, la colère (…) est devenue une attitude positive, normale, (…) [que] le cri se pose en garant de la sincérité, de la force de conviction ». Il souligne aussi que c’est une « émotion légitime, sincère, une manifestation d’indignation, une colère toujours juste ». Elle fait avancer l’Histoire et marque souvent le progrès social. Enfin, il remarque à juste titre « qu’on exprime moins sa colère qu’on ne s’exprime par la colère ».
Du thème de la colère et du coup de gueule dépendent donc de nombreux aspects à exploiter en classe de langue, tant au niveau verbal et linguistique (lexique, syntaxe, et phonétique) qu’au niveau nonverbal et proxémique : on peut voir notamment les différences dans l’intensité et le degré de contrôle dans l’expression de émotions à travers les différentes cultures (expression de la colère dans les lieux publics, intonation et expression, etc.).
Le film offre donc une excellente illustration de la problématique retenue.
2.2. Possibilités d’exploitation du support
Le film Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre est une comédie réalisée par Alain Chabat en 2002, qui met en scène la bande dessinée d’Uderzo et Goscinny. Les deux compères gaulois et leur druide se retrouvent à Alexandrie pour aider un jeune architecte maladroit à réaliser un chantier pour Cléopâtre. L’épisode du film que j’ai choisi est celui où une esclave (Itinéris, en la personne d’Isabelle Nanty) revendique les droits des autres esclaves, après que Âmonbeaufils les a convaincus de leur situation désastreuse dans un discours à la façon d’Arlette Laguiller, qui pourra d’ailleurs être exploité dans une autre séquence.
Ce film dans son ensemble très riche au niveau interculturel et intertextuel, et donc une grande source d’exploitation pour des apprenants de niveau B1, selon le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues. Ces étudiants commencent à avoir une bonne connaissance de la culture francophone et peuvent saisir un bon nombre de jeux de mots, même si l’humour reste l’un des traits culturels et pragmatiques les plus difficiles à cerner et à maîtriser.
Tout d’abord, cette comédie recèle de nombreux stéréotypes, c’est-à-dire des préjugés qui se sont systématisés, et qui reposent sur des traits considérés comme saillants d’une culture. Au niveau
1 selon la définition du Robert.
ethnosocioculturel, les possibilités d’exploitation pédagogique sont riches. Ce film met en scène la rencontre de Gaulois avec des Égyptiens. Et beaucoup de caractéristiques les séparent. D’ailleurs, Numérobis, le personnage principal, incarné par Jamel Debbouze, fait remarquer sarcastiquement à un moment que « c’est une autre culture », quand il a du mal à comprendre pourquoi Astérix et Obélix rient à gorge déployée.
À un niveau pragmatique également, cette rencontre interculturelle est riche de malentendus et de problèmes de communication tout au long du film. L’extrait choisi illustre parfaitement la thématique de la revendication et du coup de gueule, tant au niveau linguistique (lexique de la révolte) que discursif (discours politique), et pragmatique (revendiquer).
Enfin, il ne faut pas oublier, comme nous l’avons vu, que l’humour du film (et de la bande dessinée à l’origine) repose principalement sur des jeux de mots, des références à des marques de produits de consommation (Itinéris, C Plus), à des chansons (Claude François), à des pièces de théâtres (Cyrano de Bergerac), ou à d’autres formes d’intertextualité et de références culturelles, qui s’ajoutent au comique visuel et de situation.
3. Déroulement de la classe
Le présent dossier est destiné à l’enseignant.
3.1. Phase de contextualisation
prise en charge des compétences pragmatique, linguistique et socioculturelle
Tout d’abord, il s’agit ici d’une phase de compréhension, de préparation au thème. Il est important de mobiliser le savoir et les savoir-faire déjà acquis et plus ou moins maîtrisés par les apprenants, à travers de questions exploratoires. En mettant en commun leurs connaissances, ils se préparent efficacement à travailler sur le thème et le support du projet.
On peut donc commencer, par exemple, par introduire le thème avec un tableau comportant des illustrations de divers sentiments, par des personnages de bandes dessinées et des caricatures, afin de faire identifier ces sentiments et de trouver toutes les phrases ou réactions auxquelles les apprenants les associent. On ne donne ainsi aucune réponse d’emblée aux apprenants, et on leur laisse la possibilité de rassembler librement leurs connaissances.
Les compétences socioculturelle, pragmatique et linguistique sont l’objectif principal de cette phase, puisque les apprenants travaillent à partir de gestes et d’expression du visage de personnages dessinés, qu’ils doivent trouver le sentiment exprimé selon eux (actes de paroles = « sentiments exprimés »), et y associer des phrases ou formules (linguistique : lexique et phonétique, avec l’intonation = « façons de la dire »).
Après la réalisation de ce tableau, les apprenants ont mis en commun leurs connaissances sur les différentes façons de se plaindre, d’exprimer son mécontentement, sa colère, son exaspération, ou sa surprise. Ils ont identifié la thématique abordée, et formulé des hypothèses linguistiques, qu’ils confirmeront ou réfuteront par la suite.
3.2. Découverte du document
Dans cette phase, la compréhension des apprenants va être approfondie, notamment en étant étayée par un support vidéo, qui les motive en général beaucoup, car ils n’ont pas l’impression de travailler, de la même façon qu’avec une chanson.
On demande aux apprenants s’ils connaissent le film ou la bande dessinée, et si personne n’est en mesure d’en parler, l’enseignant fait une introduction à l’œuvre et au passage en question (parler d’Astérix en général, puis présenter le film). Puis, on visionne la scène une première fois sans le son, afin de faire des hypothèses. On peut alors poser aux étudiants des questions ouvertes du type :
-Qui sont les gens qui avancent en cortège vers la tente ?
-Que peuvent-ils demander ?
-Observez leurs gestes. Que font-ils avec leurs bras, leurs mains, quels regards échangent-ils ?
-S’agit-il d’une scène de rencontre amicale, professionnelle, d’affrontement, de réconciliation ?
-Quel peut-être le rôle du jeune homme en blanc par rapport au groupe ?
-Imaginez un dialogue possible.
Pour les cinq premières questions, on peut aussi imaginer des questions à choix multiple pour aider les apprenants, et pour évaluer leur compréhension, avant l’écoute du dialogue.
| 1. Les gens qui avancent en cortège vers la tente sont sans doute : |
| a. des vacanciers |
b. des esclaves |
c. des ouvriers |
| 2. D’après leur tenue et leur coiffure, ils sont : |
|
| a. gaulois |
b. grecs |
c. égyptiens |
| 3. Observez leurs gestes. Ils veulent : |
|
| a. se plaindre |
b. menacer quelqu’un |
c. exprimer leur joie |
| 4. Il s’agit d’une scène de : |
|
| a. rencontre amicale |
b. réconciliation |
c. affrontement |
| 5. Le jeune homme en blanc est peut-être : |
|
| a. médecin |
b. druide |
c. architecte |
| 6. Et le vieil homme barbu est : |
|
| a. philosophe |
b. roi |
c. druide |
Puis, on visionne la scène une deuxième fois avec le son.
Transcription du dialogue :
Un esclave sonne la trompette pour reprendre le travail.
Esclave : Hé ! C’est la fin de la pause ! Allez, allez ! Bougez ! Au travail !
Il revient avec la trompette enroulée autour de la tête, en grommelant. Un cortège s’avance en criant.
Itinéris et les esclaves : Pas contents ! Pas contents ! Pas contents !
Itinéris, arrivée devant la hutte de l’architecte Numérobis et de Panoramix : S’il vous plaît ?
Itinéris et les esclaves : Pas contents ! Pas contents ! Pas contents ! Pas contents ! Pas contents ! Pas
contents !
Itinéris : Nous refusons de reprendre le travail ! Il est hors de question de continuer dans ces conditions,
c’est intolérable !
Itinéris et les esclaves : Pas contents ! Pas contents ! Pas contents ! Pas contents ! Pas contents !
Numérobis : Hop, hop, hop, hop ! Du calme !
Itinéris : Pas contents !
- N : Qui est le responsable ? Comptez-vous quelqu’un pour communiquer avec moi !
- I : D’accord, je serai la voix de mes camarades pour vous faire passer le message ! Je m’appelle Itinéris.
- N : J’écoute !
- I : Vous avez deux nouveaux messages !
D’abord, nous travaillons plus de 18 heures par jour, ce qui fait 36 heures en 2 jours. Nous exigeons de
passer à 35 heures !
- N : Non, mais 35 heures, ça marchera jamais, ça va entraîner un tas de complications…
- I : Ensuite, et pardon si j’te coupe… Nous exigeons une diminution d’au moins 50 %.
Astérix : Une augmentation, vous voulez dire ?
- I : Mais non ! Nous exigeons une diminution des coups de fouet. Nous recevons trop de coups de fouet.
Certains de mes camarades souffrent de maux de têtes terribles. Ils ont la tête comme un gros char.
Obélix : Oui, oui. À propos des repas, si on pouvait accompagner les repas d’un sanglier ou deux ?
- A : Obélix !
- N : Non, non, non, non, non. Si j’diminue les coups de fouet, vous travaillerez plus lentement, le chantier
s’ra pas terminé à temps, et moi ? Hop, hop, hop aux crocos… C’est ça qu’vous voulez ?
- P : Ça suffit, Numérobis ! Itinéris a raison de pas… s’laisser faire !
- O : Moi, j’suis sûr qu’ils seraient contents avec un ou deux sangliers…
Panoramix sort de la tente et va préparer de la potion magique.
On demande aux étudiants de raconter ce qu’ils compris de l’échange. On peut les guider par des questions exploratoires (qui ? où ? quand ? quoi ? pourquoi ? comment ?).
Ensuite, on peut aborder les champs notionnels, symboliques et connotatifs du passage. Par exemple, on peut interroger les apprenants sur ce qu’ils ont compris comme jeux de mots ou humour. Sinon, on peut les guider en leur proposant de réfléchir par groupes aux jeux de mots suivants :
- -
- sur les noms des personnages : Astérix (astérisque), Obélix (obélisque), Panoramix (panorama), Itinéris (marque d’opérateur de téléphonie mobile), Numérobis (numéro bis, ter…), ou encore Amonbeaufils (A mon beau fils !), Malococcyx (mal au coccyx), etc.
- -
- sur les jeux de mots et l’intertextualité (« faire passer un message » ; vocabulaire du téléphone : « Itinéris », « j’écoute », « vous avez deux nouveaux messages » ; travailler « 18 heures par jour » = ironie ; « 35 heures » : référence politique à la réforme de M. Aubry ; « exiger une diminution » = sarcasme, relevé par Astérix ; exiger « une diminution de coups de fouets » = ironie : ils devraient demander l’abolition ! ; « avoir la tête comme un gros char » = jeu de mots ; « et moi ? hop, hop, hop aux crocos… », etc.)
On pourra, en premier lieu, proposer une discussion aux apprenants par groupes de deux ou trois, et ensuite, une mise en commun, au cours de laquelle le professeur expliquera ce qui n’a pas été compris. Ce travail peut d’ailleurs être proposé sur d’autres séquences de ce film, et le visionnage d’un extrait plus long peut être nécessaire pour sensibiliser les apprenants à ce genre d’humour, et leur faire entendre d’autres jeux de mots sur les noms, les produits commerciaux et culturels qu’ils pourraient connaître.
prise en charge de la compétence pragmatique et linguistique (lexique)
Tout d’abord, on peut partir d’un relevé des mots et expressions utilisées dans le dialogue. Quelles tournures emploie Itinéris pour exprimer son vif mécontentement ? Et comment Numérobis lui répond-il ? Les apprenants font des hypothèses de sens et les illustrent par le vocabulaire du dialogue.
On peut ensuite regrouper les tournures et les actes de parole dans un tableau.
| personnage |
acte de parole |
tournure |
| Itinéris et les esclaves |
exprimer son mécontentement |
Pas contents ! |
| Itinéris |
exprimer un refus |
nous refusons |
| ” |
refuser de faire |
il est hors de question |
| ” |
exprimer son indignation |
c’est intolérable |
| ” |
exprimer une demande (forte) |
nous exigeons |
| Panoramix |
refuser de faire |
ne pas se laisser faire |
En ce qui concerne le lexique, on relève aussi le champ lexical du monde syndical et de la revendication, qui oppose patron et classe ouvrière (ici esclaves).
| patron |
esclaves |
autres |
| responsable communiquer marcher entraîner complications 35 heures diminuer travailler lentement chantier pas terminé |
conditions voix de mes camarades diminution camarades souffrent |
la pause le travail augmentation |
Les deux grilles permettent alors de :
-vérifier la compréhension des apprenants,
-résumer la problématique : « dans cet extrait, les personnages expriment leur colère et revendiquent de meilleures conditions de travail » (par exemple).
prise en charge de la compétence linguistique : phonétique
Un travail sur les intonations peut être entrepris à partir de cet extrait. On sait qu’en français, l’intonation joue un rôle clé parmi les éléments prosodiques, puisqu’il donne tout son sens à la phrase, et qu’une même phrase, prononcée différemment acquiert différentes significations.
On peut par exemple demander aux apprenants de repérer les intonations en discours, en leur demandant de placer des flèches montantes ou descendantes sue les énoncés et segments ci-dessous. Il s’agit d’un exercice de reconnaissance.
- a.
- Pas contents !
- b.
- Nous refusons de reprendre le travail !
- c.
- Il est hors de question de continuer dans ces conditions !
- d.
- C’est intolérable !
- e.
- Qui est le responsable ?
- f.
- C’est ça qu’vous voulez ?
- g.
- Ça suffit, Numérobis !
Puis, on peut leur demander de dire ces phrases à haute voix en respectant l’intonation et le rythme du modèle. L’enseignant veillera à proposer une correction individualisée et en découpage progressif, selon la méthode verbo-tonale de P. Guberina, quand cela sera nécessaire.
prise en charge de la compétence socioculturelle
L’avantage de la vidéo sur la bande sonore ou la chanson est que l’on peut étudier les gestes des interactants, leur distance les uns par rapport aux autres, et leurs regards.
Après le travail en phase de contextualisation, les apprenants ont été sensibilisés à l’observation des gestes et l’interprétation de leurs significations. De plus, on leur a demandé d’observer les gestes et mouvements des personnages pendant le visionnage de l’extrait. Bien qu’il s’agisse d’une comédie, cette séquence est révélatrice du fonctionnement d’une grève et d’une revendication ouvrière. On peut entamer une discussion interculturelle avec l’apprenant en leur demandant de comparer avec l’expression de la revendication publique dans leur pays.
3.3. Exploitation et systématisation
Dans cette phase, on veut travailler la compétence linguistique, en compréhension et en production.
prise en charge de la compétence linguistique : les registres de langue
Le thème du coup de gueule peut nous amener à étudier les registres de langue, et à différencier le parler familier du parler courant. On peut imaginer un exercice d’appariement comme celui-ci : Associez les éléments de gauche et de droite. Il y a plusieurs réponses possibles.
| 1. Je suis excédé. |
a. Je suis furax. |
| 2. J'en ai assez ! |
b. Tu te fous du monde ! |
| 3. Tu m'agaces. |
c. J'en ai jusque là ! |
| 4. Je suis exaspéré ! |
d. Je suis en rogne ! |
| 5. Je suis en colère! |
e. Je rêve ! |
| 6. Je suis outré. |
f. J'en ai par-dessus la tête. |
| 7. Je me suis fâchée. |
g. Tu me prends la tête. |
| 8. Je ne peux plus supporter ça. |
h. J'en ai ras-le-bol ! |
| 9. Ça m'énerve. |
i. Je suis dégoûté. |
| 10. Ce n'est pas croyable ! |
j. Ça me tape sur les nerfs. |
| 11. Tu te moques des gens ! |
k. Je suis montée sur mes grands |
| chevaux. |
|
| 1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
11 |
| a |
h |
g |
c |
d |
i |
k |
f |
j |
e |
b |
prise en charge de la compétence linguistique : syntaxe
Après avoir fait ce travail sur l