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RÉSUMÉ
Seiring dengan kemajuan teknologi dalam bidang audiovisual, penggunaan film semakin kerap dilakukan dalam pengajaran bahasa asing. Berbagai jenis film dapat dimanfaatkan untuk keperluan ini : iklan, berita, film animasi, film dokumenter atau bahkan film cerita.
Untuk memaksimalkan manfaat pemakaian jenis support audio visual ini dalam proses pembelajaran, beberapa teknik ditawarkan, diantaranya dengan menghentikan film dan menganalisis gambar yang terpampang di hadapan kita.
Introduction
Depuis une trentaine d’années, grâce aux progrès techniques dans le domaine de la communication, l’utilisation des documents audiovisuels joue un rôle important dans le processus d’apprentissage d’une langue étrangère. Ces « documents authentiques » peuvent désormais passer en classe de langue : reportages, publicités, bulletins d’information, clips et même cinéma de fiction… Ils font partie des principaux supports permettant de proposer diverses activités aux apprenants afin de développer leurs compétences linguistiques et culturelles.
Quel que soit le document utilisé, un enseignant, lors de son visionnement, a souvent un réflexe : arrêter systématiquement le document et rester sur une image. L’objectif de cet « arrêt sur image » est sans doute pour travailler de façon plus approfondie une image particulièrement intéressante qui mérite un commentaire détaillé ou une interprétation spécifique. Un film que certains qualifient comme l’image animée ou une sorte de succession d’images passe à ce moment précis à une image fixe. Les différences entre les deux sont pourtant radicales : l’une bouge et l’autre pas; la première parle et la deuxième reste muette. L’image animée s’inscrit donc, selon Dominique Sagot-Duvauroux, dans les arts du temps et du discours tandis que l’image fixe reste du côté des arts plastiques. Ces différences nous emmènent par conséquent à deux techniques d’exploitation distinctes.
L’objectif de mon intervention dans ce séminaire est d’aborder plusieurs points de vue concernant l’utilisation en classe de FLE du film français, en particulier la technique « Arrêt sur image » et d’inviter ainsi les enseignants à introduire le film comme support authentique. Je ne prétends pas proposer cette technique comme modèle mais plutôt comme un exemple de progression que les collègues peuvent utiliser comme document de travail.
Dans cet exposé nous allons essayer de voir en premier lieu les spécificités d’un film long métrage et d’une image, toujours avec comme perspective l’utilisation des deux en classe de langue. Tout en empruntant quelques techniques cinéma-tographiques, la lecture d’une image fixe, exercice de prolongement qui peut être complémentaire par rapport à l’enseignement du FLE à travers les films, nous permettra ensuite d’avoir une idée sur quelques pistes pédagogiques. Afin de garder la continuité du programme proposé dans ce séminaire, quelques images fixes, extraites du film « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » serviront d’illustration.
1. Un film - une image
De nombreuses expériences pour animer les images fixes durant le dix-neuvième siècle ont abouti en 1895 à l’invention du cinéma par les frères Lumière. Quand on réfléchit sur ce qui caractérise un film par rapport à une image fixe, on peut tout de suite dire que c’est quelque chose de très complet car tout y est dit et exposé. Il se déroule dans le temps. Ce produit fini et donc plein ne laisse plus beaucoup d’espace aux spectateurs. Après un visionnement d’un film long métrage, par exemple, les réactions attendues des spectateurs sont axées soit sur l’histoire (intéressante, incompréhensible, originale,…), soit sur les comédiens ou encore les scènes intéressantes… Un film reste donc, en quelque sorte, un objet extérieur par rapport aux spectateurs. L’implication de ces derniers n’est pas vraiment suscitée.
Les images, quant à elles, sont très peu abordées comme sujet de conversation; ce qui est tout à fait normal, étant donné qu’il faut faire défiler 24 images par seconde pour qu’un film paraisse parfaitement fluide. Devant des milliers d’images affilées les unes après les autres, les spectateurs ont du mal à retenir toutes les images, et encore plus les parties détaillées de chaque image, d’où l’intérêt de l’arrêt sur image comme prolongement d’un visionnement d’un film.
L’image fixe a ses propres caractéristiques. Présentée isolément, elle peut avoir un passé (ce qui s’est passé avant) et un futur (ce qui va se produire après). Cette partie vide peut provoquer une réaction chez ceux qui la regardent. L’image est donc devenue polysémique. Face à une image, nous glissons immédiatement vers l’interprétation, c’est-à-dire vers le subjectif. “L’arrêt sur image, c’est toujours un arrêt sur fantasme. C’est toujours inviter le (télé)spectateur à privilégier les représentations les plus personnelles relatives à cette image ”.
Commenter une image fixe est donc un exercice délicat. Pour pouvoir le faire, on est obligé d’entrer dans l’implication personnelle. On projette même nos vécus, nos désirs, nos connaissances sur le monde. La connotation apparaît. Cette réflexion sur l’image fixe s’organise, selon Damien Bressy, autour de 7 points (certains de ces points sont cependant plus spécifiques à l’image en mouvement) : le cadre, la composition, la lumière, les flous, l’angle de prise de vues, la focalisation, l’échelle des plans.
2. Lecture d’image (Techniques photo-graphique et cinématographique)
Dans cette partie, nous allons essayer de voir ce que peut apporter tout ce qui est technique à l’interprétation d’une image fixe. A titre d’exemple, plusieurs photos extraites du film Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran vous seront proposées.
a. Le cadre : C’est l’espace dans lequel on donne l’image à regarder. Dans la civilisation occidentale, ce cadre est pensé comme une fenêtre par laquelle le monde est donné à voir. Ce cadre est donc majoritairement rectangulaire, horizontal ou vertical. Le cadre horizontal est considéré comme synonyme de calme, de distance alors que le cadre vertical se situe plutôt du côté de la proximité et de l’action.
b. La composition : C’est l’organisation de l’espace à l’intérieur même du cadre
b.1. L’organisation spatiale et temporelle :
L’axe vertical découpe l’image en deux parties, la partie de gauche symbolise le présent ou un passé proche et la partie de droite un futur proche :
Deux diagonales se construisent : la diagonale de rapprochement, du coin supérieur droit vers le coin inférieur gauche et la diagonale d’éloignement du coin inférieur gauche vers le coin supérieur droit :
L’axe horizontal sépare l’image entre terre et ciel mais aussi entre zone de matérialité et zone de spiritualité :
b.2. L’organisation esthétique :
L’image peut se découper selon quatre lignes situées environ au tiers de l’image dites lignes de force; les intersections de ces lignes sont les points de force. Ils sont utilisés pour positionner les zones clefs de l’image.
c. La lumière – la couleur – le noir et blanc
Une prise de vue en noir et blanc traduit un choix esthétique ou une volonté de situer l’action dans le passé.
En couleur, un éclairage solaire crée une sensation de naturel alors qu’un éclairage artificiel théâtraliserait la scène.
d. Les flous
Les flous de profondeur de champ (premier plan et arrière plan flous, sujet principal net) permettent de détacher le sujet de son environnement. Si au contraire, tout l’espace photographié est net, on inclut le sujet dans son espace.
e. Angle de prise de vue
La position de l’appareil de prise de vue par rapport au sujet est également porteuse de sens. Une prise de vue de niveau sera synonyme d’objectivité (équivalente au regard du spectateur). En plongée (l’appareil placé au-dessus), le sujet sera écrasé alors qu’il prendra plus d’importance en contre plongée (appareil placé en dessous).
f. La focalisation
Plusieurs cas de figure se présentent. Soit l’image apparaît comme vue par le regard d’un personnage (focalisation interne) ; ce qui demande une implication directe du spectateur par rapport aux personnages, soit l’image n’est pas ancrée dans le regard d’un personnage (focalisation zéro) ; ce qui remet le spectateur extérieur au film.
g. Champ/hors champ
Le champ est l’espace du “réel” choisi par le cadreur. L’espace environnant mais non vu dans l’image est appelé hors champ. Cet espace que divers indices peuvent nous aider à construire mentalement (regard, son, ...) se mêle à l’image vue pour produire du sens.
h. L’échelle des plans
Le cadrage des sujets est déterminé par rapport à une échelle des plans. Cette échelle a été établie en prenant pour référence l’échelle humaine.
Le plan général ou plan de grand ensemble :
Il montre tout le paysage ou un certain nombre de personnages intégrés dans un décor.
Le plan de petit ensemble ou plan de demi-ensemble:
Il montre le héros dans son décor ou dans un contexte social habituel mail il sert aussi d’introduction dans un nouveau milieu.
Ces deux plans ont une valeur descriptive
Le plan moyen :
Il capte le personnage en pied (c’est-à-dire qu’on voit le personnage en entier).
Le plan américain :
Il prend le personnage à mi-cuisse et concentre l’intérêt sur le personnage
Le plan rapproché :
Il prend le personnage à la poitrine. Il peut servir à présenter le dialogue de deux personnages, à souligner leurs réactions et sentiments l’un par rapport à l’autre.
Ces trois plans ont une valeur narrative.
Le gros plan :
Il a pour but d’attirer l’attention du lecteur sur un visage ou sur une expression. Il souligne les sentiments, le caractère du personnage.
Le très gros plan (Insert) :
Il cadre une partie du visage (ou du corps) du personnage. Il a une valeur expressive ou dramatique.
3. Pistes pédagogiques
a. Lecture d’image en tant qu’exercice de prolongement (post visionnement du film)
Supposons que le visionnement du film a été effectué et qu’on considère que les apprenants ont compris l’histoire. On essaiera dans ce cas-là de faire une analyse des images choisies et de voir si l’interprétation de ces images nous permet de comprendre mieux le message du film.
Si on veut prendre en compte également l’aspect linguistique de cet exercice, certaines phrases type seront sans doute utilisées par les étudiants, comme par exemple :
- C’est la scène où…
- C’est le moment où…
- C’est Moise qui …
- C’est l’endroit où…
Ce type d’énoncés entraîne logiquement l’utilisation du présent ou du futur proche.
Exemple :
- C’est la scène où Moise donne une poupée à la prostituée avec qui il a couché la veille.
- C’est Moise qui est en train de réfléchir sur le terme « soufisme ».
Arrêtons-nous à présent sur quelques photos du film « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » et, à partir des techniques photo-cinématographiques, voyons quelles interprétations sont possibles.
Exemple 1 :
a.
b.
Techniques et symboles : ligne horizontale (sépare l’image entre terre et ciel mais aussi entre zone de matérialité et zone de spiritualité), avec comme renforcement une mosquée et ses minarets qui pointent vers le ciel; personnages avançant vers la partie droite. Plan rapproché (dialogue entre les personnages).
Interprétation possible : par rapport à l’histoire du film : départ de Monsieur Ibrahim vers le ciel/la mort ; départ de Moise vers la spiritualité (le soufisme) de l’Islam.
Exemple 2 :
c.
d.
Techniques et symboles : Le très gros plan (Insert) : Il cadre une partie du visage (ou du corps) du personnage. Il a une valeur expressive ou dramatique.
Interprétation possible : par rapport à l’histoire du film : l’amour paternel ou l’embarras d’avoir oublié l’anniversaire de son fils (c) ; la colère de Moise d’avoir été abandonné par son père (d).
Exemple 3 :
e.
f.
Techniques et symboles: Angle de prise de vue : En plongée (l’appareil placé au-dessus), le sujet sera écrasé alors qu’il prendra plus d’importance en contre plongée (appareil placé en dessous).
Interprétation possible par rapport à l’histoire du film : la position supérieure de Momo (l’amour pour la fille) contre la position inférieure (la trahisons de la fille).
b. Lecture d’image en tant qu’exercice d’introduction (ante visionnement du film)
Un travail en amont pour l’enseignant : il devra choisir une/des image(s) qui servira ou serviront d’introduction. Si on veut que les apprenants fassent une hypothèse sur le récit, une image au plan moyen ou américain ou encore rapproché leur permettrait de le faire car ces plans ont une valeur narrative. Une image de ce type a donc un passé et un futur.
Lorsqu’on utilise une image fixe non extraite d’un film (publicité sur support écrit par exemple), on a l’habitude de demander aux apprenants dans un premier temps d’identifier le document qui leur est proposé et de décrire ce qu’ils voient. Puis, dans un deuxième temps, développer les idées que ce document leur inspire. Cet exercice à trois niveaux est également faisable quand on traite d’une image extraite d’un film. Ce qui les distingue, c’est que la dernière sert d’introduction avant le visionnement du film.
L’identification de document, en général, ne pose pas beaucoup de problèmes. Par contre, décrire un document nécessite beaucoup plus de temps et de techniques surtout si nous voulons que la description que fait l’apprenant soit structurée. Certaines constructions verbales comme nous voyons, on peut voir/observer, il y a, on remarque ainsi que des indications spatiales comme : au premier plan, au second plan, à l’arrière-plan, au fond de l’image, à droite, à gauche, dans le coin inférieur/supérieur, au centre. C’est à ce niveau qu’on peut introduire quelques techniques photographique et cinématographique qui seront ensuite utilisées dans la lecture d’une image.
La deuxième partie de cet exercice est la plus importante : il s’agit d’interpréter l’image, c’est-à-dire dire ce à quoi cette image nous fait penser. Cette interprétation est utile pour établir par la suite le passé et le futur du/des personnage(s). Prenons un exemple. On propose aux apprenants deux images qui se ressemblent sur le plan technique. La première se trouve au début du film et la deuxième à la fin.
Techniques et symboles : Le plan rapproché pour l’adulte et le plan semi rapproché pour le jeune. Ces plans indiquent un dialogue entre les deux personnages. L’axe vertical découpe l’image en deux parties, la partie de gauche symbolise le présent ou un passé proche et la partie de droite un futur proche. L’objet que tient le vieux et que veut prendre le jeune relie aussi bien les deux parties de chaque image que les deux personnages.
La lecture d’image à partir d’un film peut donc se faire après ou avant le visionnement du film. Dans le premier cas, elle sert plutôt à lire les traces que nous a laissées consciemment ou inconsciemment le réalisateur du film. L’interprétation est limitée par le film lui-même. La personne qui donne son interprétation doit se justifier.
Dans le deuxième cas, nous pouvons laisser libre notre interprétation. L’implication personnelle donne le sens à cette image. Chacun projette ses vécus et ses désirs à cette image. La justification de son interprétation n’est plus utile.
En guise de conclusion
Le film se place parmi les nombreux supports possibles, permettant de varier nos approches en tant qu’enseignant de langue. C’est un moyen de susciter chez l’apprenant des réactions. Ils focaliseront leur attention sur un support attractif mais pas suffisamment utilisé pour une raison ou pour une autre.
Son utilisation, tout comme tout autre support, suppose une variation des exercices proposés, afin d’éviter l’ennui chez l’apprenant. Une série d’exercices en contexte, dans lesquels il serait souhaitable d’utiliser les personnages du film et la situation dans laquelle l’action se déroule devra être proposée, dont l’arrêt sur image. Mais on constate que certains étudiants ont beaucoup de mal à passer à la phase d’interprétation : ils disent une ou deux phrases sur « ce à quoi leur fait penser cette image » et c’est tout ; ce qui est tout à fait normal parce que l’image n’est jamais immédiatement décodable, elle doit être objet d’étude. Il est donc important d’aider les apprenants à « décoder », à comprendre, saisir le sens… d’où l’importance de faire connaître aux apprenants les techniques utilisées dans la photographie et cinématographie.
Sur le plan linguistique, la réutilisation de certains points grammaticaux ou de certains actes de parole se fait automatiquement et de façon naturelle parce que la communication qui s’établit entre l’enseignant et l’apprenant a perdu son coté artificiel.
Références bibliographiques
LANCIEN Thierry, De la vidéo à Internet : 80 activités thématiques, Hachette, Paris, 2004
LANCIEN Thierry, Le document vidéo, CLE nternational, Paris, 1986
YAICHE Francis, Photos-Expressions, Hachette, aris, 2002
http://pedagen.creteil.iufm.fr
http://www.france5.fr
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